L'architecture et les interieurs

L'édifice présente un plan en forme de T, constitué de trois nefs couvertes de voûtes d'arête, cadencés par des arcs aigus transversaux et par un chœur flanqué par deux ailes de transept surmontées de voûtes d'arêtes. Dans l'ensemble l'intérieur se présente austère mais adouci par la présence de chapiteaux à crochets et de bases modelées en formes végétales qui rappellent le style cistercien du cloître de Fossanova. À l'extérieur, la façade en pierre calcaire présente une rosace fleurie à double virole et un portail à l'arc surhaussé, orné par deux colonnes rentrantes et par un archivolte contenant une mosaïque du XXe siècle.
Considérée une des plus belles églises de la Ciociaria, Santa Maria a Fiume conserve des nombreuses œuvres d'importante valeur artistique et historique, en premier lieu la statue en bois de la Vierge qui domine le maître-autel. Cette statue, à grandeur nature et réalisée en bois de cèdre du Liban peut-être dans une époque précédente la construction de l'église même, représente la Vierge en trône avec l'Enfant Jésus sur le bras gauche. À noter l'expression suggestive du visage de Marie, un mixte de douceur et majesté. Remarquable est aussi l'ambon, élevé sur quatre colonnes et composé par un plan avec deux pupitres, entouré de colonnes alternées parmi lesquelles il y en a une torse qui soutien le cierge pascal. À la base des colonnes on trouve deux lions qui dévorent leur proie ; sur un chapiteau de l'ambon et sur le bénitier il y a des fleurs de lis et des roses sculptées dans la pierre, sujets héraldiques qui rappellent la noble famille du Patriarche d'Aquilée, Grégoire de Montelongo. Une tête couronnée, comparable à celles des abbayes de Casamari et Ferentino, est peut-être une offrande votive commandée par les souverains de la maison Souabe, avec laquelle les comtes de Ceccano étaient en bonnes relations à partir de la nomination à chevalier du comte Jean Ier par Henri IV.
Des nombreuses pièces archéologiques, trouvées près de l'église et actuellement conservées en partie à son intérieur et en partie dans des autres structures culturelles, témoignent l'existence de bâtiments d'époque romaine sur le lieu. Il faut mentionner une inscription qui rappelle la restauration des édifices publiques commandée par l'empereur Hadrien, une mosaïque de pavement qui représente un homme et une femme (visible dans la salle du conseil de la Mairie de Ceccano), une épigraphe dédiée à une servante de Faustine, utilisée avec toute probabilité au XIe siècle comme matériel de réemploi dans la construction de l'église même.               

 

 

1904